LE TRENTIEME ANNIVERSAIRE DU BAILLIAGE DE SARREBRUCK

En ce jeudi 8 octobre de bon matin, une quinzaine de chevaliers bretvins embarquait prestement, avec bagages et ravitaillement, dans un car spacieux conçu pour le double de voyageurs. Le périple en fut d’autant plus plaisant que l’IntercityHôtel de Sarrebruck retenu ne fut atteint que le soir. Aussitôt, les chambres furent distribuées, les valises remisées et puis sans plus attendre, nous rejoignîment nos frères chevaliers de tout l’horizon bretvin, plaisamment installés au restaurant voisin. L’amicale convergence fut, on s’en doute, de bien joyeuse humeur, aiguisée par quelques breuvages locaux, accompagnés par divers mets délicieux d’un buffet généreux.

Restauration après une journée de voyage
Restauration après une journée de voyage
Villa gallo-romaine de Borg.

Le lendemain, vendredi 9 octobre, après s’être lesté d’un copieux petit-déjeuner, le départ s’organise pour 8 h 15 en deux grands cars. Nous prenons la direction de Perl en Allemagne, pour la visite de la villa gallo-romaine de Borg. Mais l’originalité ici, c’est qu’après que les scientifiques eurent fouillé consciencieusement tout l’espace occupé par les très riches patriciens romanisés, le domaine a été reconstruit à l’identique sur ses bases mêmes : J’avoue, qu’en préambule de la démarche, j’affichais un scepticisme un peu dubitatif, mais que la visite effectuée, j’en suis sorti conquis. C’est saisissant de réalisme et profondément didactique pour les non-initiés !

Mais il n’y a pas de temps à perdre, les caves Saint Martin à Remich au Luxembourg nous attendent ; il n’y eut point de retardataires, il convient de le souligner.

L’accueil de la vigneronne propriétaire fut affable, ses explications en pérégrinant dans les couloirs troglodytiques furent concrets et explicites et les quatre verres du nectar local offerts à chaque visiteur furent bienvenus aux amateurs avertis.

Les caves Saint Martin à Remich au Luxembourg

Mais, il est déjà l’heure de se restaurer, il ne faut point faire attendre un bon cuisinier et l’auberge de la Klauss à Montenach (Moselle) en France bénéficie d’un belle réputation régionale. Trois heures d’agapes plus tard, fort bien terminées par deux gigantesques omelettes norvégiennes, nous confortent en cette estime avancée, la renommée de l’hostellerie n’est aucunement usurpée. Il faudra de l’appétit pour nouer la serviette en soirée !

Cette dernière est laissée libre, pour certains ce fut l’occasion de tester la bière allemande dans quelques estaminets à l’ambiance festive d’un début de week-end. Ce qui fut fait et bien fait, mais nous laisserons chacun à sa propre appréciation ; le(s) bock(s) de bière, c’est comme le verre de Muscadet, il faut l’avoir gousté(s) et savouré(s) soi-même pour pouvoir prétendre qu’il est bon !

La matinée du samedi 10 octobre est occupée par la visite guidée de la vieille ville : la rivière Sarre, le château fondé au dixième siècle, le pont vieux de 1548, les églises, la basilique Saint Jean au portail de bronze et à l’orgue aux 4312 tuyaux, les places et marchés animés, la mairie aux nombreuses statues, les rues médiévales ennoyées lors des crues de la Sarre, nous furent commentés avec toute la belle rigueur locale.

Vue de Sarrebruck

Mais, il est temps d’aller déjeuner, le petit restaurant retenu est tout proche, quel bel à propos, n’est-il pas ? Un menu traditionnel d’une puissante cuisine locale nous laisse plus d’une heure pour un léger repos réparateur avant de se préparer au chapitre exceptionnel du trentième anniversaire du bailliage. 

A l’entrée principale du château de Sarrebruck, à 17 h, les chevaliers bretvins de tous grades et de toutes fonctions effectuent une haie d’honneur aux familles et aux amis venant assister à la cérémonie. Ils sont suivis par les chevaliers, puis par les sonneurs qui précèdent eux-mêmes les dignitaires.

Le chapitre s’ouvre sous la haute présidence de notre Grand-Maître Gildas Viaud et sous la conduite effective et magistralement bilingue du bailli Silvain Weber.

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Ce seront cinq notables régionaux, dûment présentés avec vifs éclats par leurs parrains respectifs, et qui piperont, trinqueront et goutteront. Ce sont désormais de vrais bretvins.

Après l’hymne bretvin entonné avec force puissance, il convenait de fêter l’événement et Silvain convia l’ensemble de l’aréopage enchanté à venir partager un prestigieux vin d’honneur dans le hall du château.

Puis, notre édile distingué exhorta la foule à gagner le dernier étage de l’édifice afin que l’on puisse procéder aux prémices du dîner de gala. Là, dans une salle immense au plafond d’une hauteur démesurée, se trouvaient de nombreuses tables circulaires de huit convives savamment sélectionnés afin de pouvoir effectuer de fructueux échanges.

Au pupitre de la scène, le bailli à l’honneur présenta l’historique de son bailliage, seul ou avec le bourgmestre de la ville, en français et en allemand.

Il honora d’une belle décoration honoraire son prédécesseur, fondateur de la juridiction, Hans Jürgen Lohöfer.

Puis au cours du repas, il décora d’une médaille d’honneur, le Grand Maître Gildas Viaud, ainsi que ses confrères baillis présents.

Les mets ensuite se succédèrent, tous plus succulents et raffinés les uns que les autres, ordonnés par une brigade au savoir-faire quasi militaire, secondée avec grâce par une pléiade de jeunes serveuses, au sourire permanent, déambulant avec grâce à la recherche de verres s’épuisant et proposant de les compléter avec le cérémoniel digne d’un grand sommelier. Ajoutons, qu’un orchestre aux douces mélodies, emmené par deux chanteuses aux voix harmonieuses, accompagna le prestigieux scénario pendant l’intégralité du repas.

En conclusion, une soirée inoubliable ordonnée avec minutie et maîtrise par Silvain et son équipe qui enchantera longtemps les heureux convives demeurés conquis par la magnificence de l’élégance et du raffinement affichés.

Et donc, en ce dimanche matin 11 octobre, les groupes se séparent, les chevaliers s’étreignent en souhaitant vivement se revoir au prochain rassemblement, à Savonna en Ligurie, l’an prochain pour le vingtième anniversaire du bailliage italien.

Notre chauffeur est en forme, à dix heures nous quittons cette belle ville frontière de Sarrebruck et traversons notre douce France, sans connaître de grands ralentissements routiers. Vingt et une heure étaient à peine sonnées que nous avions atteint notre destination et le groupe s’éclata, non sans effusions, pour que chacun rejoigne son domicile respectif. 

Gérard GOURAUD

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